Abel
Abel
| Naissance | - |
|---|---|
| Statut | Cuisinier |
| Compétences | Se rendre indispensable |
| Particularités | Héritage du Phénix |
Abel est un bel homme aux cheveux et à la barbe de feu, les yeux clairs et toujours prêts à traîner sous les jupons des femmes (sauf Octavia, parce qu'il tient à la vie quand même). Sûr de son charme, il tend parfois à abuser des bonnes grâces des mages pour tirer au flanc, et peut agacer par son indolence et ses tendances à cancaner sur tout et rien. Heureusement toutefois, il n'a pas son pareil pour égayer une table par la saveur des plats qu'il sert ou sa bonne compagnie.
Bien sûr, il s'est trouvé quelques esprits chagrins (généralement des maris jaloux) pour se méfier de ce joyeux drille et qualifier certaines de ses lubies de “filouteries de sorcier”. La réalité est un peu plus compliquée que cela..
Les disciples du Phénix
Heliopolis (ou Onou dans son nom d'origine) était autrefois le plus grand siège des cultes solaires d'Egypte, mais l'abandon des cultes païens au profit des monothéismes à progressivement entraîné l'abandon de la ville, que les multiples pillages ont achevé de transformer en un champ de ruines. Pourtant, un petit temple un peu à l'écart a subsisté, protégé par la pugnicité de ses prêtres, ainsi qu'un peu de sorcellerie et, dans les cas les plus désespérés, par l'intervention de la créature que l'on y vénérait: le phénix. Mus par un instinct millénaire, ceux-ci viennent en effet mourir sur les hauteurs d'Heliopolis quand leur heure est proche. Une petite communauté dédiée à la protection de cet endroit sacré a ainsi perduré, prospérant grâce à de généreux donateurs près à se délester de lourdes bourses contre des potions et onguents contenant les cendres de l'animal mythique.
La bénédiction du phénix était un pouvoir bien réel, fruit d'un baptême païen donné aux enfant de la lignée originale des gardiens du temple. La cérémonie était particulièrement barbare: la veille du solstice d'été, les yeux du nouveau-né étaient crevés par la matrone. S'il était bien du sang des gardiens du temple, ses yeux renaissaient au lever du soleil (inutile de dire que certains adultères ont condamné des enfants à la cécité).
Traditionnellement, les mystiques sont presque exclusivement des femmes, bien que quelques hommes soient aussi initiés. Ils se spécialisent alors généralement dans des rituels liés à la virilité.
Les différents aspects de cette “bénédiction” sont:
- Chaque jour, la première fois que les yeux voient la lumière du jour, ils pleurent quelques larmes aux reflets légèrement dorés. Le jour du solstice d'été, ces larmes se cristallisent et peuvent être utilisées dans certains rites mystiques (Vis Corpus ou Ignem ?)
- Tout feu allumé par une personne bénie devient un feu magique, intégré ensuite à des rituels de sorcellerie pour différents effets.
Le voyage de Latifah
Nous sommes en 1090, loin de l'Egypte et du temple du phénix. Jehan De Massetèle dit Coccineus est un puissant magus de la Maison Flambeau, bien gêné de ne pas trouver de familier à la hauteur de ses immenses pouvoirs. Fort heureusement, des écrits d'un moine copte le mettent sur la trace d'un lieu de pouvoir en Egypte, où hommes et femmes vénèrent de majestueux oiseaux de feu. L'intérêt du magus est piqué, mais la distance et l'incertitude le font repousser toute expédition. Cinq ans plus tard toutefois, le bon pape Urbain II jette de quelques mot un pont d'or vers l'Orient en lançant la première croisade, à laquelle se joint goulûment la maison Flambeau. Jehan décide d'en profiter et combat avec férocité jusqu'à atteindre Jérusalem…. qu'il dépassera pour longer la Méditerranée jusqu'en Egypte. Il finit par retrouver le temple, mais y reçoit un accueil bien loin des prosternations qu'il espérait. Heureusement, la magie Hermétique lui permet de mettre au pas la communauté locale, au prix toutefois de la vie de la plupart des habitants. Mais sa plus grosse déception reste l'absence de tout oiseau de feu, les nids étant alors vides comme cela arrivait souvent. Il interroge (et viole) la matrone, Latifah, qui arrive à l'apaiser un peu et le fait s'installer à côté du temple, “au cas où un oiseau arriverait”. Les semaines passent, et Latifah déploie des trésors d'ingéniosité pour tenir en respect le puissant magus, allant jusqu'à le séduire et le convaincre qu'elle peut “attirer à elle un oiseau de feu, s'il lui en donne le temps”. Convaincu de ce mensonge, et bien content de retraverser la Méditerranée, Jehan embarque Latifah et rentre dans son Poitou chéri, épargnant ainsi les quelques survivants du temple.
Plusieurs années passent ensuite à l'alliance de Coccineus. Latifah devient petit à petit une personne importante de la maisonnée, tout en endormant par de constants efforts l'impatience du magus. Et puis, tout à coup, un hasard du destin: ce puissant mage hermétique meurt… en s'étouffant pendant un repas. Certes, il y eut quelques langues pour murmurer que la sorcière sarrasine y était pour quelque chose mais après tout… le mage n'était pas très aimé et l'affaire se tasse rapidement. Latifah reste à l'alliance, qui se ravit de ses talents de cuisinière. Elle y trouve un mari et refonde une famille. Discrètement, elle maintient la tradition des gardiens du temple, mais cette discrétion l'oblige à limiter ses enseignements. De mère en fille, le savoir se délite petit à petit, et ne limite plus qu'à quelques recettes de cuisine “améliorées”.
Abel, l'héritier
Presque cent ans plus tard, la pauvre Sarah, descendante initiée de Latifah, n'arrive plus à avoir d'enfant après avoir donné naissance à un garçon, et se résout à l'initier sur le tard. Du coup, Abel se souvient encore s'être fait crever les yeux par sa mère alors qu'il avait 5 ans. Mais heureusement, la bénédiction du phénix a fait effet le lendemain, et les années ont apaisé sa colère.
Nous sommes en 1180, Abel a grandi et aimerait bien s'éloigner un peu de sa mère, qui ne voit en lui que la mort annoncée de sa tradition. Alors, quand l'alliance envoie un mage fonder une nouvelle alliance, il propose aussitôt de le suivre. Non pas pour rallumer la flamme du phénix, héritage un peu flou et distant qui ne le titille que le jour du solstice quand ses racines se rappellent à lui. Mais plutôt pour essayer d'être un petit peu heureux, et d'apporter aux autres la douce chaleur d'un bon repas.
