Bogatyr
Description
Bogatyr
| Identité | Roman Doreyev |
|---|---|
| Nationalité | Américaine |
| Profession | Technicien de maintenance |
| Spécialités | Bricolage Athlétisme Cogne |
Très trapu, à peine 1m70 mais très musculeux. Le visage un peu empâté, souvent mal rasé, et des yeux clairs qui trahissent des origines slaves.
Roman est d'un naturel bonhomme, toujours à se mettre en quatre pour améliorer le quotidien, réparer un vieux robinet qui goutte, régler le thermostat ou réparer une toiture abîmée. Il sait bien qu'il ne peut faire face à tous ces gens brillants qui ont fait des études et lu des tonnes de bouquins soporifiques, alors il se rend utile du mieux qu'il peut.
Mais cette apparence cordiale cache quelque chose de plus violent, de plus primal, une colère qui l'emporte parfois bien plus loin que les limites du raisonnable. Et dans ces moments-là, mieux vaut ne pas être sur son chemin…
Il aime : les témoignages de gratitude, le Cheez Whiz, les histoires de preux chevaliers
Il n'aime pas : les vis qui roulent sous le canapé, la procrastination, lui-même
Citation : “Vous êtes sûr que vous ne voulez pas que je m'en charge, de votre radiateur ? Moi je trouve qu'il fait un bruit bizarre. Oui, bon, il chauffe bien, oui. Mais s'il est encrassé, un jour ça va vous pourrir les résistances, et là PAF, court-jus, risque d'incendie, tout l'bordel. Écoutez, laissez moi une heure, et je vous fais ça, et comme-ça vous n'aurez plus à y penser. ”
Historique
Roman naît en 1983 à Chicago, Illinois. Ses parents, Anna et Vassili Doreyev, cadres du parti communiste soviétique, ont monnayé leur fuite aux États-Unis quelques années plus tôt en transmettant des informations au gouvernement américain. Enfant agité et violent, il se trouve rapidement en situation d'échec scolaire. A 12 ans, il arrache pendant une bagarre un morceau d'oreille d'un de ses camarades, et ses parents le placent dans une institution orthodoxe traditionaliste pour garçons, “Les remparts de Novgorod”, affiliée à l'église de la Sainte-Trinité de l'Ukrainian Village de Chicago.
Dans l'institution, il est pris en charge avec d'autres élèves par un prêtre nommé Ivan Diovonov, un ancien militaire récemment entré dans les ordres. Les quelques traces écrites de Diovonov montrent sa fascination pour l'ordre et la rigueur cléricale, ainsi que ses méthodes éducatives fondées sur le “juste châtiment” et la “purification de l'âme par l'exercice physique”. Plus insidieusement, il semble parfois désigner certains élèves comme ses “soldats” pour une “bataille à venir”, et voue un mépris souverain pour le sexe féminin, tout juste bon à “ouvrir les cuisses pour accueillir les enfants de la patrie”. Ses méthodes se heurtent toutefois à la résistance de Roman, qui devient familier de la canne et du martinet.
Roman a quatorze ans quand le jeune Alexander Livietko, de quatre ans son aîné, rejoint l'institution. Alexander, fils aîné d'une famille immigrée bourgeoise, est mentionné à de nombreuses reprises dans les écrits du Père Diovonov: un garçon solide, fiable, discipliné, et très pieux. Diovonov le prend rapidement sous son aile, et lui fait rejoindre un groupe d'élèves désigné sous le nom de “classe alpha”. Les équipements utilisés par la classe alpha laissent peu de doutes sur ses activités: gymnastique, prière, boxe, prière, marathon, prière, etc. Subitement, Roman devient un parangon de vertu: obéissant, docile même, il rentre dans les rangs et fait le bonheur du Père Diovonov, qui voit dans ce revirement le succès indéniable de ses méthodes d'éducation.
Deux ans plus tard, Roman intègre la “classa alpha”. L'intégration se fait un soir dans la chapelle des Remparts, bien après le couvre-feu, et après que le Père Diovonov a congédié le personnel. On ne sait pas grand chose de ce qui s'est passé à l'intérieur… mais Roman a été admis à trois heures du matin au Weiss Memorial Hospital de Chicago, et son dossier médical montre des “crises de convulsions”, des “hallucinations” et quelques plaies mineures sur le corps. Il retourne à l'institution dès le lendemain, avec un diagnostic d’épilepsie primaire.
La vie semble reprendre son cours, mais un an et demi plus tard Roman est brutalement renvoyé des Remparts de Novgorod, pour “comportement contraire aux bonnes mœurs”. Le journal de l'institution indique à demi-mots qu'il se trouvait en compagnie… d'Alexander. Ce dernier est tout de même gardé au sein de l'institution, mais Diovonov préconise “des mesures à la hauteur du terrible mal qui tente de s'insinuer dans les Remparts et de corrompre la jeunesse”.
Jeté à la rue, Roman voit ses parents lui claquer la porte au nez. Il finit par trouver un boulot d'apprenti technicien dans un petit atelier tenu par une famille russe et retrouve une vie plus normale. Sa trace est facile à suivre: il suffit de remonter les interpellations de la police pour savoir dans quel bar il passe ses soirées: le Sweet Velvet, qui se trouve… sur une route qui sort de la ville, en direction des Remparts de Novgorod.
Et cette routine trouve rapidement fin. Tous les indices sont là, mais heureusement la police ne semble pas avoir fait le recoupement: le même soir, le Père Diovonov est retrouvé dans le sous-sol des Remparts de Novgorod dans une mare de sang, le crâne perforé par un tisonnier, et Alexander disparaît de l'institution. Toujours le même soir, Roman vide son compte en banque, quitte son job et part à Oak Park, Michigan. Seul. Officiellement, Alexander Livietko s'est suicidé en se jetant dans le Lac Michigan.
Roman vit douze années de triste solitude, au cours desquelles il se réfugie dans le souci du travail bien fait. Incapable de gravir les échelons à cause de son tempérament, il travaille dans des ateliers de réparation entre deux périodes de déprime ou de violence. Sa vie affective est une succession d'échecs, et il se retrouve régulièrement au trou pour des bagarres de bar.
Alors qu'il a 29 ans, la nuit du solstice d'hiver, la région de Chicago subit une violente tempête qui occasionne d'importants dégâts, notamment près des Remparts de Novgorod. Ce n'est pourtant pas le fait le plus marquant qui s'y déroule: la police mentionne une intoxication massive de tous les résidents, aussi bien élèves qu'enseignants et personnel divers. Pourtant, en fouillant un peu, on trouve dans les médias alternatifs des images étranges de visages déformés par la stupeur, les yeux et la bouche comme consumés, et marqués d'une brûlure sur le front.
Le lendemain de cette nuit funeste, à Oak Park, Sacha débarque chez Roman. Les voisins russophones se souviennent encore d'une dispute houleuse, où il est fait mention d'un certain Père Diovonov, de Bien et de Mal, et d'une phrase répétée sans cesse: “C'est notre faute, c'est notre faute…”.
Sacha passe un peu plus de trois mois chez Roman, qui le présente comme “un cousin”. Au grand soulagement des bars des environs, Roman et Sacha passent leurs soirées et leurs week-ends enfermés chez eux. Le gardien de l'immeuble, qui lui monte parfois ses colis, se souvient encore avoir entraperçu des dessins étranges, des photos de cadavres et des articles de journaux épinglés sur les murs. Sacha l'a rassuré en lui disant qu'ils écrivaient un polar ensemble, mais tout de même, il en a gardé une belle frousse.
Et puis une nuit, les voisins entendent des bruits beaucoup moins étranges, provenant de la chambre, mais des bruits qu'on ne soupçonnerait pas entre cousins. La gêne sera toutefois assez brève: le lendemain, plus de traces de Sacha. Il ne reste que Roman, assis devant l'immeuble, les yeux rougis et une bouteille de Vodka à la main. La police l'embarque rapidement et le colle en dégrisement: ils n'avaient heureusement pas perdu leurs bons réflexes.
Dans les jours qui suivent, Roman claque tout. Au vu du nombre de cartes de crédit dans son portefeuille, du sac de sel dans le coffre et de la quantité d'identités fantômes apparues à ce moment-là, pas de doute: c'est là qu'a commencé sa carrière de hunter. Mais avec sa maigre expérience, ce qui devait arriver arrive: au bout de quelques mois, après un énième flop au Nouveau Mexique, il est emprisonné pour fraude à l'assurance, port d'arme illicite et bien sûr pour coups et blessures.
Ses six mois de prison ne lui auront pas collé grand chose dans le crâne, mais un tatouage sur la peau: une paire d'ailes entourant “Саша”, soit Sacha en cyrillique. A sa sortie de prison, il se trouve un job dans un garage d'Albuquerque et épluche les infos locales, à la recherche d'une goule, d'un spectre… ou de son Salut.
