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Une brève histoire de l'Ordre d'Hermès
Fondation
L'Ordre d'Hermès fut fondé en 767 à Durenmar, au cœur de la Forêt Noire. Ce fut rendu possible par les découvertes de Bonisagus, qui inventa le rituel de Parma Magica et codifia une vaste théorie hermétique qui porte son nom. Ces découvertes permirent à de nombreux magiciens venus d'horizons très différents de travailler ensemble et de partager leurs savoirs plutôt que s'entretuer. Grâce à son élève Trianoma, qui parcourut l'Europe entière pour convaincre des magiciens de coopérer avec Bonisagus, treize des plus grands sorciers de leur époque s'associèrent et prêtèrent le serment de Bonisagus.
Armés de la Parma Magica, les douze Fondateurs purent à leur tour s'entourer de nombreux individus doués du Don, sans crainte d'être tués par leurs propres élèves. Par un mélange de diplomatie, de promesses de pouvoir et de violence, l'Ordre se développa et domina rapidement l'Europe.
Dahman Allaidh et la Maison ex Miscellanea
Au début du IXe siècle, un puissant sorcier maléfique résista à l'avancée de l'Ordre dans les Iles Britanniques. Incapables de vaincre les mages Hermétiques en combat magique, ses partisans usèrent de malédictions, d'assassinats et de ruses diverses pour lutter contre les mages de l'Ordre.
Le Fondateur Tytalus chargea sa meilleure apprentie, Pralix, de défaire Dahman Allaidh. Pralix parvint à enrôler de nombreux magiciens locaux et leur enseigna le secret de la Parma Magica, qui leur permit de vaincre le sorcier et ses séides lors d'une grande bataille. Mais, plutôt que de rentrer victorieuse auprès de Tytalus, l'audacieuse Pralix choisit de s'émanciper et de fonder une nouvelle Maison, composée de l'assemblée hétéroclite de ses recrues. Après bien des négociations, la Maison ex Miscellanea fut finalement reconnue et rejoignit officiellement l'Ordre d'Hermès en 817.
L'hégémonie de la Maison Tremere
Tremere était le plus jeune des Fondateurs. C'était aussi un homme ambitieux.
Il avait inventé la technique de duel magique appelée certamen, permettant à deux mages de s'affronter dans une épreuve de puissance magique sans risquer d'y perdre la vie. En 817, il obtint l'approbation du Grand Tribunal, qui reconnut le certamen comme “légitime dans toute forme de différend”. La première pierre dans ses plans de domination venait d'être posée.
Quand il fut le dernier Fondateur vivant, il joua du prestige de son statut pour asseoir son autorité au sein de l'Ordre. Par d'habiles manœuvres politiques, par l'usage de la force et du certamen, sa Maison affirma progressivement sa suprématie sur plusieurs Tribunaux. Mais en 848, alors que l'hégémonie des Tremere semblait définitivement établie, un groupe de conjurés frappa les principaux lieutenants de Tremere, et décapita la structure soigneusement hiérarchisée de sa Maison. Brisé par cette défaite, déconsidéré au sein de l'Ordre, Tremere abandonna son siège de Primus et termina ses jours à l'écart de la politique dans sa forteresse de Coeris.
La corruption de la Maison Tytalus
En 961, Tasgillia, Prima de la Maison Tytalus, fut accusée de diabolisme par sa propre filia. Après une enquête de la Maison Guernicus, il s'avéra que Tasgillia avait effectivement fait commerce avec le démon, ainsi que de nombreux autres membres de sa Maison.
Un purge de grande ampleur fut organisée, au cours de laquelle un tiers des Tytalus furent abattus par les hoplites de l'Ordre. Depuis cette date, la Maison ne s'est jamais complètement remise de ces accusations et reste toujours entourée d'une aura sulfureuse. Il faut dire qu'avec leur morgue habituelle, les Tytalus corrompus ne manifestèrent aucun signe de repentir, se contentant de regretter de s'être fait prendre…
La Guerre du Schisme
La corruption de la Maison Tytalus et l'ampleur de la purge qui s'ensuivit laissèrent des traces profondes. Peu après l'an mil, le millénarisme qui agita la chrétienté n'épargna pas l'Ordre d'Hermès. La paranoïa gagna de nombreux mages qui, voyant des diabolistes partout, prirent l'habitude de se méfier les uns des autres et de cultiver le secret. Les Tribunaux furent désertés par les membres de l'Ordre, réticents à quitter la sécurité de leurs Alliances. A défaut de Tribunaux, les litiges furent de plus en plus souvent réglés par des Guerres de Mages, voire par des représailles sauvages. L'anarchie s'empara de l'Ordre et il semblait que rien ne puisse prévenir sa fragmentation.
C'est alors que les Tremere déclarèrent la guerre à la Maison Interdite en les accusant de diabolisme.
Cette Maison, composée de païens inspirés de la culture druidique, avait toujours été en marge des Maisons de tradition romaine héritières du Culte de Mercure, largement majoritaires dans l'Ordre d'Hermès. A l'appel du Primus des Tremere, la Maison Flambeau emboîta le pas, ainsi que de nombreux autres mages qui se défiaient de la Maison Interdite. Nul n'osa prendre leur défense.
Pour tenter de lutter contre le chaos, les Quaesitors et la Maison Bonisagus convoquèrent un Grand Tribunal extraordinaire, au cours duquel la Maison Interdite fut officiellement bannie de l'Ordre. Tous les mages hermétiques avaient désormais le devoir de pourchasser et d'abattre les renégats. La guerre qui s'ensuivit fut sanglante et se termina par la destruction de la Maison Interdite. Elle fut rayée des annales de l'Ordre et il fut interdit de prononcer son nom. Toutefois, plusieurs de ses membres ne furent pas retrouvés, et on redoute toujours la résurgence du culte.
La chûte de la Maison Interdite marqua la fin de la guerre. Exsangue, l'Ordre avait soif de paix, ce qui permit aux Quaesitors de rétablir le droit hermétique et de restaurer les Tribunaux.