Basilicus
Histoire personnelle
Attention, l'histoire de Basilicus contient des éléments dont il ne parlera pas aisément et qui pourraient être utilisés contre lui. Si vous souhaitez tout de même la lire, n'oubliez pas d'en faire abstraction tant que votre personnage n'aura pas eu l'information lui-même !
<spoiler |Afficher l'histoire de Basilicus>
Dans une forêt comme il y en a tant,
Elle allait gaiement chercher de l'eau pure,
L'eau du cœur de la forêt aux mille vertus,
Et blanche comme l'hermine, sa silhouette qui glissait entre les arbres.
“Prends bien garde au cœur de la forêt !”
Lui répétaient les villageois sans cesse,
“On y croise de méchants lutins et des diables !”,
Et noire comme le corbeau, la terreur qui habitait leur regard.
“Je ne crains ni lutin ni diable”, répondait-elle,
“Je n'y ai vu qu'un cerf majestueux s'y abreuver,
Qui semble m'accueillir comme une dame en son domaine”,
Et blanches comme l'hermine, les fleurs qu'elle tresse pour se coiffer.
“Il n'est point de seigneurs chez les bêtes de la forêt !”,
S'étonnaient ceux qui l'entendaient à son retour,
“Et le seul roi ici est celui qui mangera ton cerf!”
Et noirs comme le corbeau, leurs rires moqueurs qui la chagrinaient.
Pourtant un jour qu'elle se reposait près de la source,
Le cerf se fit homme, la tête couronnée de bois,
Et la réveilla tendrement pour la courtiser,
Et blanche comme l'hermine, la main qu'elle lui tendit pour l'embrasser.
Ils se virent et s'aimèrent maintes fois,
Mais toujours elle le priait de ne jamais venir au village,
“Ces pauvres gens te prendraient pour un diable !”
Et noire comme le corbeau, la nuit qui séparait toujours les amants.
Peu après, son jeune ventre se mit à s'arrondir,
Et toute la forêt ne bruissait que de cette heureuse nouvelle,
Car un prince lui avait enfin été donné,
Et blanc comme l'hermine, le sein qu'elle donnait au nouveau-né.
Mais la hâte étreignait le cœur du père en son royaume,
Si bien qu'il rompit sa promesse et sortit de la forêt pour voir l'enfant,
Et un cerf majestueux s'approcha du village au soir tombé,
Et noir comme le corbeau, l'arc du chasseur qui le tua d'un seul trait.
La mère pensait finir miséreuse avec son enfant,
Mais fut recueillie par des magiciens en un grand château,
Et ils n'eurent à craindre ni la faim ni le froid,
Et blancs comme l'hermine, les draps dans lesquels il dormaient.
Hélas quand l'enfant grandit, il ne pensait qu'à s'enfuir,
Car au-delà du château, la sombre forêt l'appelait en songe,
Mais il lui était interdit de franchir les remparts,
Et noires comme le corbeau, les pierres du refuge devenu prison.
Un des mages entreprit de lui enseigner les mystères des arcanes,
Et cet apprentissage lui ouvrit enfin les portes du château,
Ainsi que celles d'un monde secret et fascinant,
Et blanches comme l'hermine, les barbes des mages qui firent de lui un pair.
Pourtant, sa dernière leçon fut une mise en garde,
“Prends bien soin de tempérer les transports de l'âme et du cœur,
Car ils te perdront bien plus sûrement que n'importe quel sortilège ”,
Et noire comme le corbeau, l'ombre du château qu'il laissait derrière lui.
Il allait par les chemins et les forêts, savourant cette errance,
Redécouvrant les sensations de liberté qui lui manquaient tant,
Mais aussi curieux de la vie dans ces villages inconnus,
Et blanc comme l'hermine, le linge que les femmes étendaient en riant.
Hélas, partout devant lui les portes se fermaient,
La Marque des Mages faisait de lui un paria, une menace étrange,
Bien plus que la ramure qu'il se résignait à cacher,
Et noires comme le corbeau, les piques des villageois qui le chassaient sans tarder.
Mais l'histoire se répète comme les saisons,
Car le Destin lui fit rencontrer une jeune veuve esseulée
Qui accepta son étrangeté et sa candeur
Et blanche comme l'hermine, la lune qui bénit leurs étreintes.
Les récits de sa mère habitaient toutefois son sommeil,
Car il savait le malheur toujours prêt à frapper,
Il se promit donc que jamais, ô jamais il ne viendrait au village,
Et noire comme le corbeau, la froide maisonnette de la paysanne et son secret.
Leur union dura ainsi, et la vie ne tarda pas à croître en elle,
Et dans sa forêt le père dansait avec les arbres et les oiseaux,
Tandis que chacun se pressait pour nommer l'enfant à naître,
Et blanche courait l'hermine, jouant et bondissant avec ce joyeux drille.
Mais cette naissance fut accueillie par des cris d'effroi et des prières,
Car le bébé était doté de sabots, et fut traité de fils de bouc,
Et le prêtre lui-même alluma la première torche,
Et noires comme le corbeau, les cendres de la maison où périrent mère et fils.
Sa rage brûla aussi longtemps que le triste brasier,
Inspirant les bêtes de la forêt qui vinrent ravager le village,
Broyant sa raison dans un carnage où périrent hommes, femmes et enfants,
Et rouge le sang, comme la vengeance amère qui coule sur la neige souillée.
Il partir au cœur de la plus sinistre des forêts,
Et se mit au service d'une fée cruelle et emplie de haine envers les Hommes,
Jouet de ses lubies sinistres mais prince respecté dans cette cour de maléfices
Et noires comme le corbeau, les nuits de chasse où régnait la terreur.
Sa haine finit toutefois par s'émousser devant tant d'horreurs,
Et le jeune prince se souvint enfin qu'il était homme, lui aussi.
Il s'enfuit de cette cour macabre par une douce nuit d'été,
Et blanche comme l'hermine, l'aubépine qui poussait en lisière de la forêt.
Hélas le regard de la cour continuait à le poursuivre,
Si bien qu'il partit loin à l'ouest, pour échapper à la colère des fées.
“Nul n'échappe à la nuit ici-bas !”, lui lançait une voix dans le ciel,
Et noir volait le corbeau, torturant le déserteur de son chant funeste.
</spoiler>
Laboratoire
Aucun
