L'Ile aux Hirondelles
Cette petite île, en amont de l'Ile du Milieu, abrite ce que l'on appelle avec pudeur et poésie le monde flottant. Royaume de l'ostentation et de l'illusion, des plaisirs interdits et des passions impossibles, il offre aux rokugani un havre d'insouciance où déposer, l'espace de quelques heures, le fardeau du quotidien.
Située en terrain neutre, l'Ile aux Hirondelles finance sa propre milice de six gardes, dirigés par un ronin du nom de Yesada. Peu désireux de faire parler d'eux, ils veillent avec discrétion sur les différents établissement, et sont aussi efficaces pour prévenir les ennuis que pour étouffer les affaires compromettantes. Car ce que les habitants redoutent plus encore que le désordre, c'est la mauvaise publicité.
Nul pont ne mène à l'Ile aux Hirondelles. Pour s'y rendre, il faut faire appel aux services des passeurs qui contrôlent ainsi les allées et venues. Deux hommes officient en alternance : Kazuo, le passeur de jour, et Taiji le passeur de nuit. Situé à l'extrémité nord de l'île, le débarcadère permet de se rendre, au gré des besoins, vers les deux rives de la cité. Il s'ouvre sur un petit jardin abritant un autel dédié à Sadahako, fortune des geishas et des artistes.
Passé un tori, le jardin donne sur la rue principale. Dans cette large rue se tiennent les établissements les plus luxueux :
- Les Campanules, maison de thé dirigée par O-Nobu, passage obligé pour que les nouveaux venus sans recommandation particulière puissent accéder aux maisons de geishas de la rue principale
- La Première Neige, l'établissement le plus en vogue, grâce à la notoriété croissante d'Hatsune
- Le Nénuphar Blanc, éternel concurrent de la Première Neige, où réside tsuruji
- Le Roseau de Jade, où officie la belle Minako
- Les Quarante-sept Ravissements, la moins raffinée des quatre maisons de geishas de la rue principale
- L'Eventail, la plus grande auberge du quartier, qui reçoit les geishas ou les concubines de luxe avec leurs clients
- L'Oiseau de Printemps, auberge
- Le Général d'Argent, maison de saké où l'on peut jouer au shogi en compagnie de prostituées
- Le prêteur sur gage, Bokkai
- Les Fontaines du Soir Etoilé, un établissement de “bains” au statut discutable
- Hyobe, le portraitiste, dont on murmure qu'il est également faussaire à ses heures
Dans les ruelles attenantes, des maisons moins regardantes accueillent les clients sans recommandation particulière. Qu'il s'agisse de maisons de saké, d'établissements de jeu ou de maisons de passe, la clientèle est moins raffinée. Des prostituées expéditives, encore appelées les filles de dix-minutes, offrent leurs services le temps d'un bâtonnet d'encens.
