This is an old revision of the document!
Quartier des Temples
Bercée entre les vagues indolentes de l'océan et ce quartier aussi paisible qu'une boîte à musique assourdie, la cité de Scaramance semble pour certains nichée dans un écrin douillet aux promesses de calme béat et silencieux.
Le visiteur qui entre dans le Quartier des Temples est immédiatement séduit par ses majestueux temples de marbre, ses statues et ses larges voies pavées flanquées de rangées d'arbres et de buissons taillés. Bien que certains assurent que le Château Atregan est le plus ancien bâtiment de Scaramance, les adeptes d'une religion bien antérieure et fort ésotérique assurent qu'avant même que les Azindraléens ne posent les premières pierres de leur métropole, le Temple de la Dame d'Argent s'y trouvait déjà. Leurs premiers écrits canons, à peine déchiffrés de pattes de mouches gravées dans des tablettes d'argile, mentionnent une plaine sacrée gardée par huit menhirs entourant une immense géode, que la lumière de la lune faisait miroiter comme une étoile tombée des cieux. Les adeptes de ce culte auraient alors érigé un petit temple de marbre englobant ces pierres dressées. Le bâtiment ainsi construit serait donc antérieur à tout le reste du quartier du Temple, voire à la ville entière. Ce temple était le cœur spirituel de la région, incitant de nombreux autres cultes à créer des temples similaires sur ce sol sacré, tels des papillons de nuit attirés par une flamme bienveillante.
Scaramance abrite bien plus de religions que de lieux de culte. Malgré une profusion de temples, les constructions de nouvelles chapelles que demandent les pratiquants de cultes nouveaux ou importés sont systématiquement refusées, afin de ne pas encombrer l'architecture du quartier. Pour les accomoder, les personnalités religieuses les plus influentes ont signé le “Pacte d'Amitié des Lieux de Culte”. Grâce à ce traité, la prêtresse ou le prêtre en charge de chacun des temples accueille, à des horaires savamment établis, les adeptes des religions sans temple propre, pour peu que leur dogme se rapproche de celui de leur hôte. Ainsi, les adeptes des dieux liés aux ténèbres, à la mélancolie et au crépuscule prient au temple de Notre-Dame de la Nuit, tandis que les suivants de dieux dominant les arcanes et autres principes théurgiques se croisent au temple du Seigneur de Magie. Le culte fondateur de chaque temple en reste le propriétaire et décide des plages horaires allouées, ainsi que de la supervision des salles où sont entreposés les objets sacrés, reliques et autres bric-à-brac. Cette ouverture d'esprit et cette bienveillance ont beaucoup participé à l'image d'Azindralé et de ses habitants, généralement tolérants envers une grande variété d'arts et de religions.
Le Temple de la Dame d'Argent est le seul temple à ne pas être lié par le Pacte des Lieux de Culte. Cette exception fut justifiée lors de l'écriture du pacte par la volonté de préserver son intégrité en tant que repère historique, mais s'accompagne de toute évidence de considérations pratiques: le Temple ne dispose d'aucune entrée visible, et le dogme de la Dame d'Argent s'avère particulièrement nébuleux.
Bien que tous les temples du quartier aient été érigés par des Azindraléens, la réoccupation kortézienne a imposé la divinité tutélaire du Triperium de Sang, Adhelmus Oxda, comme maître du panthéon Azindraléen. Malgré cette ingérence, les membres du clergé local acceptent globalement tous ceux qui viennent se recueillir dans le quartier, y compris leurs envahisseurs.
La vie quotidienne dans le Quartier des Temples se déroule généralement de façon calme et non-violente, voire aseptisée. Les bases communes des différents dogmes renforcent naturellement le respect de l'ordre, tandis que la faible présence de troupes korteziennes contribue à une ambiance courtoise et hospitalière. Les habitants les plus dévôts peuvent installer à quelques pas de leur chapelle favorite, et ornent leurs balcons de fleurs séchées aux effluves entêtantes. Les rues sont larges et pavées et permettent de circuler aisèment, à l'exception des grands fêtes religieuses. Partout où se porte le regard, des temples d'âge et de style variés s'élèvent majestueusement au-dessus de la canopée, des boutiques et des habitations. Dans le ciel, des nuées de corbeaux et de goélands tournoient autour des dômes et des clochers, comme en hommage à ces lieux sacrés.
Le délai le plus long entre deux services religieux majeurs se situe entre minuit et l'aube. Pendant cet intervalle, les rues sont si vides et silencieuses qu'on entend au loin les fêtards nocturnes du quartierresidences. Certains lèvent les yeux au ciel devant tant de débauche ou se couvrent la tête de leur oreiller, tandis que d'autres contemplent avec envie les lumières des torches encore allumées.
