Cette petite île, en amont de l'Ile du Milieu, abrite ce que l'on appelle avec pudeur et poésie le monde flottant. Royaume de l'ostentation et de l'illusion, des plaisirs interdits et des passions impossibles, il offre aux rokugani un havre d'insouciance où déposer, l'espace de quelques heures, le fardeau du quotidien.
Située en terrain neutre, l'Ile aux Hirondelles finance sa propre milice de six gardes, dirigés par un ronin du nom de Yesada. Peu désireux de faire parler d'eux, ils veillent avec discrétion sur les différents établissement, et sont aussi efficaces pour prévenir les ennuis que pour étouffer les affaires compromettantes. Car ce que les habitants redoutent plus encore que le désordre, c'est la mauvaise publicité.
Nul pont ne mène à l'Ile aux Hirondelles. Pour s'y rendre, il faut faire appel aux services des passeurs qui contrôlent ainsi les allées et venues. Deux hommes officient en alternance : Kazuo, le passeur de jour, et Taiji le passeur de nuit. Situé à l'extrémité nord de l'île, le débarcadère permet de se rendre, au gré des besoins, vers les deux rives de la cité. Il s'ouvre sur un petit jardin abritant un autel dédié à Sadahako, fortune des geishas et des artistes.
Passé un tori, le jardin donne sur la rue principale. Dans cette large rue se tiennent les établissements les plus luxueux :
Dans les ruelles attenantes, des maisons moins regardantes accueillent les clients sans recommandation particulière. Qu'il s'agisse de maisons de saké, d'établissements de jeu ou de maisons de passe, la clientèle est moins raffinée. Des prostituées expéditives, encore appelées les filles de dix-minutes, offrent leurs services le temps d'un bâtonnet d'encens.